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Budget 2026 et réforme des retraites : ce qui change, ce qui est suspendu, ce qui revient

Budget 2026 et réforme des retraites : ce qui change, ce qui est suspendu, ce qui revient

Un budget 2026 sous haute tension

Le projet de loi de finances pour l’année 2026 a été présenté dans un contexte particulièrement tendu : déficit public en hausse, dette nationale à stabiliser, croissance faible, inflation encore élevée et climat social incertain depuis les mouvements liés à la réforme des retraites de 2023.

Le gouvernement a dû composer entre rigueur budgétaire et maintien d’un certain niveau de protection sociale. Le volet retraites s’est invité dans les débats, avec plusieurs amendements remettant en cause des mesures votées deux ans plus tôt. Le résultat : des aller-retours parlementaires, une suspension partielle de la réforme, et une incertitude persistante pour les retraités et les actifs proches de la retraite.


Objectifs du budget 2026

Les grandes lignes du budget 2026 sont claires :

  • Réduire le déficit public à moins de 5 % du PIB
  • Stabiliser la dette autour de 110 % du PIB
  • Maintenir les dépenses sociales sans les creuser davantage
  • Éviter une hausse massive des prélèvements obligatoires

Pour cela, des arbitrages ont été nécessaires, notamment sur la fiscalité des retraités, les indexations des pensions, et l’application des règles de la réforme des retraites.


Ce que prévoit le projet de loi initial

Voici les principales mesures proposées initialement dans le budget 2026 concernant les retraites :

1. Suppression de l’abattement de 10 % sur les pensions

Jusqu’à présent, les pensions de retraite bénéficiaient d’un abattement forfaitaire de 10 % sur le revenu imposable. Le gouvernement proposait de le remplacer par un forfait fixe de 2 000 € par foyer, ce qui aurait défavorisé de nombreux retraités, notamment ceux touchant des pensions inférieures à la moyenne ou vivant seuls.

Cette mesure a été fortement contestée, notamment par les associations de retraités, car elle aurait entraîné une augmentation d’impôt pour une large partie des retraités modestes.

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2. Gel des pensions de base

Pour contenir les dépenses publiques, l’exécutif envisageait également un gel temporaire des pensions de base pour l’année 2026. Cela signifie aucune revalorisation des pensions au 1er janvier, malgré l’inflation.

Un tel gel aurait entraîné une perte de pouvoir d’achat pour des millions de retraités, dont une partie est déjà fragilisée par la hausse des coûts de l’énergie, de la santé et des produits de première nécessité.

3. Réduction des crédits pour les aides sociales seniors

Certains dispositifs ciblés comme :

  • l’aide au maintien à domicile,
  • les subventions pour l’adaptation du logement,
  • les aides facultatives des caisses de retraite,

auraient vu leurs crédits réduits dans le projet initial, dans le but de maîtriser les dépenses publiques. Ces coupes, bien que techniques, auraient eu un impact direct sur la qualité de vie des personnes âgées dépendantes ou isolées.


Les amendements votés en novembre 2025 : revirements majeurs

Au fil des débats parlementaires, plusieurs des mesures controversées ont été retirées ou modifiées. Voici ce qui a été effectivement voté à la mi-novembre 2025 :

✅ Maintien de l’abattement de 10 %

L’Assemblée nationale a voté le retrait de la suppression de l’abattement de 10 % sur les pensions. Cet avantage fiscal est donc maintenu dans sa forme actuelle pour 2026. Il continue de s’appliquer à l’ensemble des pensions imposables, dans la limite de plafonds fixés chaque année.

Cela évite une hausse immédiate de la pression fiscale pour les retraités, et écarte un point de tension majeur avec les syndicats de retraités.

✅ Abandon du gel des pensions

Le projet de gel des pensions de base a également été écarté. Les pensions devraient donc être revalorisées au 1er janvier 2026, selon le taux d’inflation retenu pour l’année 2025. Cette revalorisation automatique, prévue par la loi, reste donc en vigueur.

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Elle concernera les retraites de base du régime général, mais aussi celles des régimes alignés (indépendants, fonctionnaires hors catégorie active, etc.).

⚖️ Suspension de la réforme des retraites (partielle)

Le tournant majeur du débat parlementaire a été l’adoption d’un amendement suspendant l’application de la réforme des retraites de 2023, jusqu’au 1er janvier 2028.

Ce texte a été voté en première lecture par l’Assemblée nationale, mais reste soumis à un débat en commission mixte paritaire. Le Sénat s’est déclaré opposé à cette suspension.

Si la suspension est maintenue dans la version définitive, cela signifie que :

  • L’âge légal de départ resterait à 62 ans et 9 mois au lieu de monter à 64 ans comme prévu.
  • Les règles de durée de cotisation (172 trimestres pour un taux plein) pourraient être gelées temporairement dans leur évolution.
  • Les personnes nées entre 1962 et 1965 seraient directement concernées par ce retour temporaire à l’ancien calendrier.

Résumé : ce qui change, ce qui ne change pas

MesureSituation prévue initialementSituation votée à date
Abattement fiscal 10 %Supprimé, remplacé par forfaitMaintenu
Gel des pensions 2026PrévuRejeté
Réforme des retraites (âge à 64 ans)MaintenueSuspension votée à l’Assemblée
Revalorisation des petites pensionsMaintenueMaintenue
Régimes spéciauxFermeture confirmée pour nouveaux entrantsPas de changement
Cumul emploi-retraiteRéforme technique envisagéeEn attente de texte spécifique

Impacts pour les retraités actuels

Pour les retraités déjà en pension, les conséquences sont limitées à court terme :

  • Le niveau d’imposition ne change pas en 2026.
  • La pension mensuelle de base devrait être revalorisée en janvier.
  • Les retraités modestes restent éligibles aux minima contributifs revalorisés.
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Les incertitudes portent surtout sur :

  • Les pensions complémentaires (pas de revalorisation automatique),
  • Les aides sociales locales (souvent impactées par les coupes budgétaires indirectes),
  • Les conditions de cumul emploi-retraite si de nouvelles règles sont introduites fin 2025.

Incertitudes pour les actifs proches de la retraite

Pour les personnes âgées de 58 à 64 ans, la situation est plus floue :

  • Certaines anticipaient un départ à 62 ans en 2026, qui aurait été décalé à 63 ou 64 ans.
  • Si la suspension de la réforme est confirmée, elles pourraient maintenir leur projet de départ anticipé.
  • Toutefois, une reprise de la réforme n’est pas exclue en 2027 ou 2028, selon les résultats des prochaines élections législatives.

En conséquence, de nombreux futurs retraités hésitent à :

  • déposer leur demande dès que possible,
  • prolonger leur activité par prudence,
  • opter pour une retraite progressive ou un cumul emploi-retraite.

Le poids politique de la retraite en 2026

La question des retraites est devenue un enjeu politique central. La réforme de 2023 avait été imposée par 49.3, déclenchant une forte contestation sociale. Les ajustements du budget 2026 révèlent :

  • Une volonté d’apaisement du gouvernement,
  • Une capacité du Parlement à infléchir des décisions jugées impopulaires,
  • Un calendrier de réforme à nouveau incertain, ce qui fragilise la lisibilité pour les assurés.

Conseils pratiques pour les retraités et futurs retraités

  • Simuler plusieurs scénarios de départ selon l’âge, la durée cotisée, le taux de décote.
  • Demander un relevé de carrière complet à jour pour anticiper les trimestres manquants.
  • Conserver toutes les notifications de pension et attestations, en cas de modification future.
  • Se rapprocher d’un conseiller retraite en cas de départ prévu en 2026 ou 2027.
  • Anticiper la prise de rendez-vous auprès de sa caisse, car les délais de traitement sont allongés.

Et on se détend, rien n’est voté en date, tout n’est que projection, il faudra attendre les budgets votés et textes de loi avant d’acter les décisions en cours de discussion!

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