Les escarres, mode d’emploi

Lorsqu’elles sont alitées ou immobilisées, les patients peuvent être victimes de nombreuses autres maladies dont les escarres. Ce sont des plaies, souvent profondes, qui aggravent l’état de santé des personnes malades. Il est possible de les éviter, mais aussi de les soigner lorsqu’ils apparaissent. Que savoir sur les escarres, de la manifestation de la maladie à son traitement ?

Les escarres : définition, symptômes et causes

Les escarres sont souvent des rougeurs qui apparaissent chez les personnes alitées ou immobilisées. Ils apparaissent au niveau des zones d’appui telles que les doigts, le dos, les zones fessières, les talons par exemple. Ils désignent aussi la dégénérescence de la peau à cause de la mort localisée des cellules souvent appelée nécrose. Les escarres sont douloureuses et peuvent détériorer l’état de santé de la personne malade.

Lorsque l’appui est prolongé au niveau des zones sensibles, les escarres peuvent se transformer en des plaies souvent profondes. Ils peuvent atteindre les os dans les cas graves et devenir très dangereux pour la santé du patient. Selon quelques statistiques, plus de 250000 personnes seraient touchées par les escarres et plus de 14000 en meurent chaque année. Plus de 22% des personnes âgées hospitalisées en sont touchées et plus de 3% des patients alités en souffrent.

L’une des raisons pour lesquelles les seniors sont touchés par cette maladie est que leur peau est plus fragile. Les personnes ayant des problèmes cardiaques et/ou respiratoires sont encore plus touchées par la maladie. Chez les personnes qui sont dans le coma ou souffrent de paralysie, la maladie peut être encore plus grave.

Quelles sont les étapes d’évolution de la maladie ?

Le premier niveau de l’escarre est l’apparition d’une rougeur au niveau de la zone d’appui ou de pression. Ensuite, cette rougeur devient persistante, même lorsqu’on presse avec le doigt. Avec le temps, la couleur rouge peut être changée en bleu ou en violet. A la deuxième étape, il y a l’apparition des cloques au niveau de la zone d’appui. La couleur de la peau commence par noircir.

Il y a ensuite une troisième étape, celle de la nécrose ou mort des tissus. A ce stade, la peau devient complètement noire. L’escarre en ce moment s’écorche et devient plus grave. Les tissus sous-jacents apparaissent. Certaines fois, les muscles et les os apparaissent aussi.

La quatrième étape est la plus dangereuse parce que les escarres deviennent des plaies profondes qui peuvent atteindre les os et les muscles. Lorsque la maladie atteint cette étape, il est difficile de la soigner. C’est la raison pour laquelle bon nombre de patients en meurent.

Les facteurs de risques des escarres

Les facteurs de risques sont les éléments qui augmentent ou accélèrent le développement ou l’apparition d’une maladie. Dans le cas des escarres, il en existe plusieurs. Le premier est l’immobilisation du patient. Que ce soit dans un lit ou dans un fauteuil, l’immobilisation provoque une pression de la peau, ce qui cause des frottements sur les zones de pression. La rougeur apparaît, et éventuellement, les plaies aussi.

Il existe des lits et fauteuils avec des équipements anti-escarres. Lorsque le patient est immobilisé sur un matériel normal et sans protection, la maladie apparaît plus vite. C’est la raison pour laquelle vous devez exiger les matériels limitant les risques d’escarres. Le manque de changement de position du patient lorsqu’il est immobilisé peut provoquer rapidement l’apparition des escarres.

Les zones d’humidité de la peau sont sensibles et laissent apparaître plus vite les escarres. Un manque d’oxygénation des cellules de la peau au niveau des zones de pression est une cause de l’apparition des escarres. L’absence de soins de rééducation du patient et des soins kinésithérapeutiques sont des sources d’accélération de la maladie.

Quels soins pour les escarres ?

Les escarres font partie de la catégorie des plaies les plus difficiles à traiter dans les milieux médicaux parce que les facteurs de risques ne peuvent pas être évités véritablement. En plus, les médecins risquent l’apparition des infections nosocomiales à germes résistants de l’escarre dans les centres de santé. C’est ce qui rend le traitement de la maladie plus difficile à certains moments.

Le premier niveau de traitement consiste à nettoyer l’escarre ou la plaie avec un sérum physiologique ou de l’eau robinet. Ce dernier a un effet tensioactif et c’est la raison pour laquelle il est conseillé. Les médecins proscrivent l’utilisation de l’eau stérile qui peut augmenter la douleur chez les patients.

L’une des erreurs à faire est d’utiliser les antibiotiques de manière locale. En réalité, ils créent des résistances au niveau des germes qui ne meurent plus. En plus, l’utilisation des antiseptiques doit être réalisée de manière particulière si le cas le permet. Ils sont souvent irritants et toxiques.

Dans le cadre où il y a la plaie, il est préférable de la nettoyer avec un savon doux. Il est préférable de rincer à la douchette afin de ne pas léser les tissus sains de la peau. Le médecin doit s’assurer de sécher les contours de la plaie.

En fonction du stade de l’escarre, le médecin peut proposer un traitement additionnel. Tout de même, il doit être testé sur au moins 5 jours afin de décider de son efficacité ou non. Pour changer le traitement, il doit y avoir une concertation entre les professionnels qui traitent le patient.

L’un des éléments importants à prendre en compte est l’utilisation de l’équipement adapté, c’est-à-dire le lit, le matelas et le coussin adapté au patient. Cet équipement doit être anti-escarre pour optimiser le traitement. 

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